Provocation : l’Iran nommé à la vice-présidence d’un organe de l’ONU censé promouvoir démocratie et droits des femmes
La nomination de la République islamique d’Iran à la vice-présidence d’un organe des Nations unies chargé de promouvoir la démocratie, le développement social et les droits des femmes suscite une indignation mondiale. Pour de nombreux observateurs, cette décision frôle l’absurde et révèle une crise profonde de crédibilité au sein de certaines institutions internationales.
Comment un régime accusé de répression systématique contre les femmes, d’emprisonnements arbitraires, d’exécutions massives et de massacres de civils peut-il se voir confier une responsabilité symbolique dans la promotion des droits humains ? La contradiction est flagrante. Elle choque autant qu’elle interroge.
Depuis des décennies, Téhéran est régulièrement dénoncé par les ONG internationales pour ses violations graves et répétées des libertés fondamentales. Le traitement réservé aux femmes iraniennes — contraintes, surveillées, arrêtées, parfois tuées pour un voile mal ajusté — a déclenché des mouvements de protestation d’une ampleur historique. Les images de jeunes Iraniennes battues, emprisonnées ou exécutées pour avoir revendiqué leur liberté restent gravées dans les consciences.
Dans ce contexte, la nomination de l’Iran à un poste de vice-présidence dans une commission onusienne chargée du développement social et des droits humains apparaît, pour beaucoup, comme une provocation. Elle donne le sentiment que les principes fondateurs de l’ONU — dignité humaine, égalité, liberté — peuvent être instrumentalisés ou vidés de leur sens au gré des jeux diplomatiques.
Les critiques dénoncent un système où les équilibres géopolitiques et les alliances circonstancielles prennent le pas sur les valeurs universelles que l’organisation est censée défendre. Cette décision risque de fragiliser encore davantage la confiance dans les institutions internationales et de renforcer le sentiment d’injustice chez les peuples victimes de régimes autoritaires.
Au-delà du symbole, c’est un message dangereux qui est envoyé : celui qu’un État peut réprimer sa population, restreindre les droits des femmes et malgré tout accéder à des postes censés défendre ces mêmes droits. Une telle incohérence nourrit le cynisme et affaiblit la portée morale des résolutions internationales.
Plus que jamais, la question se pose : les Nations unies peuvent-elles encore incarner une autorité morale mondiale si elles accordent des responsabilités en matière de droits humains à ceux qui sont régulièrement accusés de les bafouer ? Pour beaucoup, cette nomination marque un point de rupture. Et exige, à minima, un débat urgent sur la crédibilité et la cohérence du système international.

