C’est avec une immense tristesse que je viens d’apprendre le décès d’une véritable légende de Montmartre, un ami de plusieurs décennies : Bob de Tunis.
Bob, fier de ses origines de juif tunisien, portait en lui cette chaleur, cette générosité et cet art de recevoir propres à cette communauté si attachante. Il avait su apporter à Montmartre un parfum de Tunis, mêlant tradition, convivialité et authenticité.
Qui, à Paris, n’a jamais fait une halte chez Bob pour déguster l’un de ses célèbres sandwichs tunisiens ?
Ses casse-croûtes étaient sans doute parmi les meilleurs de la capitale. Artistes, hommes d’affaires, habitants du quartier, touristes venus du monde entier… tous passaient chez Bob. Son nom avait largement dépassé les frontières : de la France à Israël, chacun garde une anecdote, un souvenir, un moment partagé avec lui.
Bob avait aussi cette particularité : il donnait à chacun un petit surnom, toujours avec affection.
Lorsque j’allais manger chez lui avec mon ami Patrick Haddad, il l’appelait inlassablement “Malibu”. Nous n’avons d’ailleurs jamais vraiment su pourquoi… mais c’était ça Bob : une personnalité unique, pleine d’humour et d’humanité, qui marquait chacun à sa manière.
Mais Bob n’était pas seulement un restaurateur talentueux.
C’était un homme sensible, chaleureux, profondément humain. Un ami fidèle, un amoureux d’Israël et un lecteur assidu d’Israël Actualités, dont il était fier. Chaque fois que je passais le voir, il me présentait avec affection à ses clients et à ses amis, avec cette générosité qui le caractérisait tant.
Bob faisait partie de ces personnes rares qui marquent une vie, un quartier, une génération.
Sa gentillesse, son sourire et son accueil resteront gravés dans la mémoire collective de tous ceux qui ont eu la chance de le croiser un jour, de partager un moment avec lui ou simplement de goûter à ses fabuleux sandwichs tunisiens.
Tu vas nous manquer, Bob.
Mais tu resteras à jamais dans le cœur de Montmartre, tous les juifs originaire de Tunisie et dans celui de tous ceux qui t’ont connu.
Repose en paix, mon ami.
Alain SAYADA
Directeur du Journal Israel Actualités

