Antisémitisme : le Sénat italien adopte un projet de loi visant à codifier la définition de l’IHRA et à interdire les rassemblements antisémites
Le Sénat italien a approuvé aujourd’hui le texte de base d’un projet de loi qui, s’il est adopté, permettra aux autorités d’interdire les rassemblements antisémites et d’inscrire dans le droit italien la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).
Le texte de base a été approuvé par la commission sénatoriale chargée de la commémoration de la Shoah. Le projet de loi a été présenté par Massimiliano Romeo, chef du groupe parlementaire de la Ligue du Nord, groupe politique de droite. Les mouvements politiques du centre et de la gauche comme Le Parti démocrate, le Mouvement 5 Étoiles et l’Alliance Verte et Sinéstra ont voté contre.
Ce projet de loi est controversé en Italie, étant donné que la définition de l’IHRA est contestée par de nombreuses personnes dans ce pays, mais aussi car si cette loi est adoptée, elle pourrait interdire les manifestations en cas d’« évaluation d’un risque potentiel sérieux lié à l’utilisation de symboles, de slogans, de messages et de tout autre acte antisémite ».
Comme dans de nombreux pays occidentaux, des parlementaires italiens estiment que cette mesure est antidémocratique et risque de brouiller la frontière entre la lutte contre l’antisémitisme et la limitation des critiques à l’égard du gouvernement israélien.
L’adoption d’une telle loi ferait de l’Italie l’un des premiers pays à criminaliser les discours de haine antisémites selon la définition de l’IHRA.
Ce projet de loi intervient alors que l’Italie, comme plusieurs pays européens, est confrontée à une montée de l’antisémitisme depuis les évènements du 7 octobre 2023 : en septembre 2025, SWG, le spécialiste des études d’opinion en Italie, avait informé que 15 % des Italiens considèrent les agressions physiques contre les Juifs comme « entièrement ou assez justifiables ».
Eliran COHEN pour Israel Actualités

