
Rédacteur en Chef d’Israel Actualités
« LE SILENCE QUI BLESSE AUTANT QUE LES COUPS »
La semaine dernière, un membre connu de notre communauté a été sauvagement agressé par un individu islamiste aux cris de “Allahu Akbar”.
Un homme engagé, ouvert au dialogue, au service des autres, attaqué violemment à coups de matraque télescopique, frappé à la tête et sur tout le corps.
Résultat : points de suture, hématomes multiples, cinq jours d’ITT.
Mais au-delà de la violence physique, il y a une autre blessure, plus sournoise, plus intolérable encore : le silence.
Un silence assourdissant de nos institutions.
Aucun appel.
Aucune visite.
Aucune parole publique forte.
Quand un responsable religieux est agressé, toute la communauté se mobilise à juste titre.
Mais lorsqu’un Juif “ordinaire”, un quidam, un frère, un ami est agressé, il n’y a plus personne.
Ce deux poids deux mesures est inacceptable.
Nous ne pouvons pas continuer à hiérarchiser la souffrance des nôtres selon la notoriété, la fonction ou l’influence.
Une agression antisémite est une agression antisémite, qu’elle touche un rabbin, un artiste, ou un simple citoyen juif.
Le sang d’un Juif n’a pas plusieurs valeurs.
Quand des personnalités sont visées, certaines figures médiatiques et communautaires montent immédiatement au créneau.
Mais quand c’est un inconnu, quand il n’y a pas de caméras, pas de projecteurs, pas de gala à organiser, alors plus rien.
C’est une faillite morale.
Et qu’on ne vienne pas nous parler d’unité quand on abandonne les victimes les plus vulnérables dans l’indifférence générale.
À mon ami William, je le dis publiquement :
Tu n’es pas seul.
la base de la communauté, elle, ne t’abandonne pas.
Même si certains regardent ailleurs, des milliers de Juifs ressentent ta douleur comme la leur.
Quant à l’agresseur, hospitalisé en psychiatrie, déjà présenté comme “déséquilibré”, alors même que l’acte était manifestement préparé — venu armé, avec préméditation — nous savons ce que cela signifie en France : une sortie rapide, un non-lieu probable, l’oubli judiciaire.
Encore une fois.
Et pendant ce temps, une victime juive de plus devra apprendre à vivre avec les séquelles, le traumatisme, et surtout… l’abandon.
Messieurs, Mesdames,
À quoi sert une représentation communautaire qui n’entend pas la souffrance de sa base ?
À quoi sert le pouvoir s’il ne sert pas d’abord les plus exposés ?
Une communauté forte ne se mesure pas à ses dîners mondains,
elle se mesure à sa capacité à rester debout auprès des siens quand personne ne regarde.
Aujourd’hui, je le dis sans détour :
ce silence n’est pas neutre.
Et nous ne nous tairons plus.
Alain Sayada

