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Edito de Alain SAYADA « Petits poissons et gros filets : quand le jeu électoral ressemble à la criée »

Petits poissons et gros filets : quand le jeu électoral ressemble à la criée

 

Alain Sayada
Alain Sayada

Il flotte comme une odeur iodée aujourd’hui au-dessus de la Knesset. Alors que
certains, en vacances, profitent des joies de la mer, d’autres, plus « costume trois-
pièces que maillot de bain », jouent à faire vivre la criée au poisson dans les
coulisses de l’Assemblée israélienne. Car si la pause estivale entraîne citoyens et
touristes vers une insouciante torpeur, politicards et élus, eux, ont bien compris qu’il
ne restait qu’une poignée d’heures avant le retour aux urnes. Avant que les jeux ne
soient faits…
Alors on marchande, on négocie, on vend ses valeurs ou ses principes, pour
quelques sièges en plus ou en moins. Et à ce jeu de l’offre et de la demande, les
plus acharnés sont souvent les plus petits. Alors que les blocs majoritaires plaident
pour l’union, mettant en garde contre une reproduction du scénario du printemps
dernier, les petits partis, eux, sont partagés.
Partagés entre le désir d’exister et de faire payer cher leur ralliement aux gros
poissons et la peur que la démocratie israélienne s’enfonce dans le no man’s land de
la politique, avec, de nouveau, une impossibilité pour le Premier ministre de
constituer un gouvernement.
Je vous l’avoue, chers lecteurs, s’il est de multiples raisons, à mon sens, d’admirer le
miracle israélien, s’il faut louer la démocratie israélienne, seul espace de liberté
politique de la région ou presque, le système alambiqué sur lequel elle s’est
construite est, admettons-le, d’une absurdité sans nom. Et l’absurdité n’a pas sa
place lorsqu’il est question de gouvernance, a fortiori pour un pays qui, depuis sa
création, vit sous la menace…
Si l’impasse se reproduit, il faudra alors mettre en place un gouvernement d’Union
Nationale. Une catastrophe pour le pays qui verrait l’extrême gauche de Meretz et
les partis arabes en situation d’intervenir de manière non négligeable sur des sujets
hautement sensibles : sécurité, diplomatie, économie…
Si je comprends, chez les Israéliens, l’envie d’une meilleure prise en compte de la
grogne sociale, je m’inquiète que ce désir de mieux vivre prenne le part sur celui
d’exister. Car ne nous voilons pas la face : tout basculement de la politique vers le
flanc gauche équivaudrait à fissurer le bouclier sécuritaire israélien.
Qu’auraient à gagner les Israéliens à faire confiance à l’union Gantz-Lapid ? Je me
pose la question. On sait ce que l’on perd, mais sait-on ce que l’on gagne à changer
de capitaine au milieu de la tempête ? Et si Netanyahou fait le maximum, pour
protéger le pays des manœuvres sordides de l’Iran, entre autres, quel crédit peut-on
accorder, à l’inverse, à ce bloc blanc bleu, dont le seul fait d’armes, pour l’instant, est
l’acharnement qu’il a mis à traîner le Premier ministre dans la boue, misant sur son
inculpation pour avoir le champ libre…
J’ai beau, comme certains d’entre vous, tenter de profiter de l’insouciance estivale, je
ne peux m’empêcher de me dire qu’il faut rester vigilant, ne pas prendre l’échéance
électorale de septembre à la légère et maintenir le cap, pour qu’un bloc de droite fort,
solide et homogène puisse prendre la tête de la Knesset et poursuivre la politique
engagée jusqu’ici.
Certes, rien n’est parfait en Israël. Rien, si ce n’est le miracle que représente ce
pays, et ce qu’il accomplit, chaque jour en matière de sciences, de sécurité, de
médecine ou de technologie. Pour que toutes ces merveilles puissent exister, le
prérequis non-négociable est la sécurité. Alors laissons ceux qui maîtrisent le sujet
s’en charger et n’accordons aucun crédit aux ennemis de l’intérieur. Plus dangereux
que la morsure du scorpion que l’on peut croiser dans le désert, ils sont ceux qui, à

n’en pas douter, précipiteraient le pays dans un abîme de douleurs. Ne leur faisons
aucun cadeau. Ni dans les urnes, ni ailleurs.
Am Israël Haï
Alain Sayada

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