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Égypte: la peine de mort de Mohamed Morsi confirmée en appel

Un tribunal égyptien a confirmé, ce matin, la peine de mort qu’il avait infligée il y a un mois à Mohammed Morsi pour évasion de prison lors de la révolution de 2011. L’ex-raïs islamiste, destitué par l’armée en juillet 2013, a également été condamné par la même cour à la prison à vie pour «espionnage» au profit du Hamas, du Hezbollah et de l’Iran. En avril, il avait déjà été condamné à vingt ans de prison pour l’ «incitation au meurtre» de manifestants lors de manifestations devant le palais présidentiel. Si Mohammed Morsi peut faire appel de ces décisions, ses partisans se sont empressés de dénoncer «une parodie de justice », accusant le juge de manquer de preuves tangibles.

La Maison-Blanche a exprimé mardi sa «profonde préoccupation» à l’annonce de ce verdict. Les organisations de défense des droits de l’homme égyptiennes considèrent ces sentences comme trop sévères. Bien que critiques envers Morsi lors de son court mandat, notamment sur sa gestion du pays et ses penchants idéologiques et religieux, elles regrettent la « politisation » de ces procès. « Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi Moubarak, qui a régné d’une main de fer sur l’Égypte pendant trente ans, a été innocenté dans la plupart de ses procès, tandis que Morsi écope de peines très sévères pour une seule année au pouvoir ? » observe un militant égyptien. « Si Morsi était capable de mener tous ces complots, sa présidence n’aurait pas été un tel échec », ironise le blogueur égyptien Mina Fayek, sur son compte Twitter.

Pour l’avocat et défenseur des droits de l’homme Ahmad Hossam, il est «fort probable que la peine capitale soit ultérieurement annulée en Cour de cassation pour être commuée en longues années de prison». Reste, dit-il, que ces procès sont embarrassants pour le pays car ils sont truffés de «failles». « Pour ce qui est de l’évasion de la prison, en pleine révolte contre Moubarak, personne ne sait ce qui s’est réellement passé. Certains disent que le ministère de l’Intérieur en a lui-même ouvert les portes. D’autres évoquent l’implication du Hamas et du Hezbollah. À ce jour, nous manquons cruellement de preuve. Cette condamnation est une blague !» estime-t-il.

Dans le procès pour espionnage, qui a valu à Mohammed Morsi la prison à vie – soit vingt-cinq ans d’emprisonnement, selon la loi égyptienne -, le tribunal a également condamné à la même peine seize autres personnes, dont Mohammed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, et l’ex-président du Parlement, Saad al-Katatni.

En parallèle, seize autres accusés écopent de la peine capitale, dont deux hauts dirigeants de la Confrérie, le richissime homme d’affaires Khairat el-Shater et Mohammed el-Beltagi. Parmi ces condamnés à la potence figure également un professeur d’université, Emad Shahin. Jugé par contumace, ce politologue qui vit actuellement aux États-Unis a dénoncé une «justice arbitraire» lors de l’annonce de sa condamnation, en mai dernier.

Depuis l’éviction de Morsi, des centaines de personnes ont été condamnées à mort lors de procès de masse expéditifs, qualifiés par l’ONU de «sans précédent dans l’histoire récente» du monde.

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