Harrison Ford : l’identité assumée entre héritage irlandais et judaïsme russe
Lors de l’inauguration de son étoile sur le mythique Walk of Fame d’Hollywood, Harrison Ford n’a pas seulement célébré sa carrière. Il a aussi livré une phrase qui résonne comme une profession de foi identitaire :
« En tant qu’homme, je me suis toujours senti irlandais,
et en tant qu’acteur, je me suis toujours senti juif. »
Un mot d’esprit ? Pas seulement. Dans un monde où les stars se contentent souvent de discours convenus, Ford rappelait ce jour-là que l’identité n’est jamais monolithique. Elle se nourrit d’héritages multiples, de racines parfois contrastées, mais qui, ensemble, forgent un destin singulier.
Fils d’un père d’origine irlandaise et d’une mère juive russe, Dorothy Ford (née Dora Nidelman), l’acteur revendique cette double appartenance sans hiérarchie ni contradiction. L’Irlande incarne pour lui l’ancrage, la filiation masculine, la mémoire familiale. Le judaïsme, quant à lui, s’impose dans sa vie d’artiste comme une manière de penser le monde : à travers l’humour, la résilience et cette capacité à se réinventer que l’on retrouve dans tant de parcours juifs.
Dans le faste d’Hollywood, cette déclaration avait la force d’un manifeste discret. Elle disait à la fois la fierté d’un homme, la fidélité à une histoire familiale et la conviction qu’aucun acteur — fût-il Han Solo ou Indiana Jones — ne s’invente sans puiser dans l’héritage de ses parents.
En somme, Harrison Ford n’a pas seulement posé son nom sur un trottoir de Los Angeles. Il y a inscrit, à sa manière, l’écho d’une mémoire irlandaise et juive, comme pour rappeler que l’identité est toujours un récit pluriel.
Alain Azria
Journaliste Photo Reporter pour Israël Actualités