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Polémique Air France : Israël impose un filtrage des équipages selon leur nationalité

ChatGPT Image 11 oct. 2026, 16_11_23Après une tentative d’attaque à bord d’un avion reliant Dubaï à Tel-Aviv, les autorités israéliennes renforcent leurs exigences de sécurité. Une directive relayée par Air France provoque désormais une controverse sur le traitement des personnels navigants binationaux.

Selon une enquête publiée samedi 10 octobre par Mediapart, Air France a transmis à ses pilotes et personnels navigants commerciaux une directive émanant du ministère israélien des Transports.

Cette mesure prévoit que les membres d’équipage possédant la nationalité, y compris la double nationalité, d’un pays n’entretenant pas de relations diplomatiques officielles avec Israël ne puissent être affectés aux vols entrant dans l’espace aérien israélien.

Une décision prise après une grave tentative d’attaque

Cette nouvelle disposition intervient après un incident particulièrement grave survenu à bord d’un vol Flydubai reliant Dubaï à Tel-Aviv.

Un copilote de nationalité omanaise aurait agressé le commandant de bord et tenté de provoquer la chute de l’appareil. L’intervention du commandant, de membres d’équipage et de passagers aurait permis d’éviter une catastrophe.

À la suite de cet événement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé un réexamen des dispositifs de sécurité applicables aux vols civils étrangers desservant Israël.

Une mesure qui concerne également les binationaux français

D’après les informations publiées, la directive concerne notamment les ressortissants de pays comme l’Algérie, la Tunisie, l’Iran ou le Pakistan.

Un salarié d’Air France possédant à la fois la nationalité française et celle de l’un des États concernés pourrait ainsi être écarté des rotations vers Tel-Aviv.

La note interne évoquerait également de possibles sanctions en cas de non-respect des nouvelles dispositions.

Entre impératif sécuritaire et risque de discrimination

La controverse pose une question délicate.

D’un côté, Israël considère la sécurité aérienne comme une priorité absolue, particulièrement après une tentative d’attaque susceptible d’avoir coûté la vie à près de 180 personnes.

De l’autre, l’application d’un critère fondé sur la nationalité, indépendamment du parcours individuel des salariés concernés, soulève des interrogations sur le principe de non-discrimination et sur les obligations d’un employeur français.

La question est également juridique : dans quelle mesure une compagnie aérienne française peut-elle appliquer une exigence imposée par un État étranger lorsqu’elle concerne directement ses salariés ?

Au 11 octobre, aucune confirmation ou infirmation publique d’Air France n’était rapportée par les sources consultées.

Au-delà de la polémique, cette affaire illustre une difficulté majeure du transport aérien international : concilier la souveraineté sécuritaire des États, la protection des passagers et les droits individuels des personnels navigants.

 Alain SAYADA
Rédacteur en Chef d’Israel Actualités

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