«Tu prends le train pour Auschwitz?»: un dirigeant de la CGT interpellé après des propos antisémites à l’encontre d’Éric Zemmour

Frédéric TronchePOLITIQUE – Que s’est-il passé dans le train pris par Éric Zemmour pour se rendre à Limoges, où l’attendait une séance de dédicaces ? Deux versions diamétralement opposées des événements circulent ce jeudi 22 juin, alors qu’un cadre de la CGT est accusé d’antisémitisme.

Mercredi 21 juin en fin d’après-midi, le Populaire du Centre rapporte qu’un comité d’accueil a été réservé au polémiste d’extrême droite. Dans cet article, le journal local relate surtout qu’un membre de la commission exécutive de la CGT cheminots de la Haute-Vienne a été placé en garde en vue, après avoir insulté le fondateur de Reconquête, avec lequel il partageait le train jusqu’à Limoges à la mi-journée.

« D’après les premières informations, l’homme en question, nommé Frédéric Tronche, aurait tenu des propos antisémites à l’encontre d’Éric Zemmour avant d’être interpellé sur le quai de la gare des Bénédictins par la police », écrit le journal. Et c’est sur ce point précis que les versions divergent. Dans la foulée, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a dénoncé sur Twitter une injustice commise contre le syndicaliste.

« Honteux »

« Frédéric Tronche, militant de la CGT cheminots, dirigeant de la CGT Cadres croise Eric Zemmour dans le train pour Limoges. Il interroge le contrôleur pour savoir si le train ne va pas à Vichy. Résultat : il est en garde à vue depuis 14 h 30 accusé… d’antisémitisme. Tout va bien », a déploré sur Twitter la nouvelle patronne du syndicat, avant d’interpeller directement Élisabeth Borne et Gérald Darmanin pour réclamer sa libération. « Comme nous l’avons indiqué à vos cabinets, notre camarade a de graves problèmes de santé », fait elle valoir.

Une version relayée sans précaution par plusieurs élus de gauche, notamment le député insoumis Thomas Portes (cheminot de profession et ancien de la CGT). « Alors que le raciste Zemmour se trouvait dans le même train que lui, il demande au conducteur si la destination est ’Vichy’. Pour cela il est en GAV et on l’accuse d’antisémitisme. Honteux », s’indigne-t-il. Députée LFI de Haute-Vienne, Manon Meunier a également témoigné de son soutien au cheminot, avant de supprimer son tweet.

Il faut dire qu’entre-temps, un détail troublant est venu nourrir les accusations en antisémitisme. Comme Le HuffPost a pu le constater, le mur Facebook du syndicaliste (qui mentionne bien le comité d’accueil prévu par la CGT au nom de « l’antifascisme ») affiche également le message suivant : « Zemmour dans mon train… Je vérifie si le train va bien à Limoges… Peur qu’il aille en Pologne… » (capture ci-dessous). Difficile de ne pas y voir une référence aux camps d’extermination.

Une plainte déposée par Zemmour

Ce qui tend à corroborer la version immédiatement mise en avant par les équipes du fondateur de Reconquête. Sur Twitter, la responsable presse de l’ex-candidat à la présidentielle a directement répondu à Sophie Binet. « Au départ du train et à son arrivée, votre représentant CGT n’a cessé de proférer des insultes envers Éric Zemmour : “Tu prends le train pour Auschwitz ?” ou encore”Je ne savais pas que c’était le train pour Dachau !” », affirme-t-elle, précisant que ces insultes ont été proférées « devant des dizaines de témoins, dont des fonctionnaires de police assermentés ». Ce qui justifierait le placement en garde à vue.

Une version des faits reprise dans un communiqué de Reconquête, qui précise qu’Éric Zemmour a déposé plainte. Auprès de Libération, le procureur de Limoges indique qu’une enquête a été ouverte pour « injures publiques à caractère racial et religieux ». Contactée à plusieurs reprises par Le HuffPost, Sophie Binet n’a pas donné suite. Pour l’heure, le député insoumis Thomas Portes reste solidaire du cheminot, ce qui lui vaut des attaques de ses adversaires politiques.

« Le député de la République Thomas Portes cautionne la blague antisémite d’un syndicaliste CGT qu’un Jean-Marie Le Pen aurait pu tout à fait faire. Cette période où l’on apprécie une parole moins sur son contenu que celui qui la dit finit par donner la nausée », a par exemple tweeté la députée Renaissance de Paris, Astrid Panosyan-Bouvet.

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