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La conférence organisée par le Amis du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (C.R.I.F.) ce 1er février 2016

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La conférence organisée par le Amis du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (C.R.I.F.) ce 1er février 2016, à l’Hôtel Intercontinental de Paris en donnant la parole à l’écrivain-journaliste-militant Mohamed Sifaoui,  président de l’Association 11 janvier, s’inscrit totalement dans l’urgence qu’il y a aujourd’hui à abandonner la langue de bois et à désigner notre ennemi dans la guerre que nous devons mener à l’islam radical.

En présence de nombreuses personnalités et acteurs engagés dans ce combat, dont l’intellectuel Bernard Henri-Lévy, Gil Taieb, Vice-Président du CRIF, et le militant Ahmed Meguini, Roger Cukierman, Président du CRIF, en invitant l’auteur de notamment «  Mes “frères” assassins » a libéré une parole salvatrice dans ce combat, et classe de manière définitive et indiscutable Mohamed Sifaoui dans la catégorie des acteurs qu’il faut absolument écouter.

Nous prétendons avoir déclaré la guerre au terrorisme.

Mais cette guerre est très mal engagée, car nous ne sommes pas partis sur les bonnes bases.

C’est ce que Mohamed Sifaoui , interrogé par la journaliste Judith Waintraub reporter politique au Figaro et les invités, a brillamment expliqué dans des propos dénués de toute complaisance, tant idéologique que politique.

Devant une assemblée suspendue à ses lèvres, assoiffés que nous sommes d’un dialecte intelligible et cohérent, Mohamed Sifaoui a repris les 3 principes de base d’une guerre intelligemment menée :

1)D’abord. Qui sommes-nous?

2) Ensuite. Qui est l’ennemi?

3) Enfin comment devons-nous agir?

 

Appliqués à la guerre qui nous occupe, cela donne : 

« D’abord. Qui sommes-nous? Ou qui voulons-nous être? Une société démocratique, antiraciste, laïque, ouverte, croyant en l’altérité, défendant ses valeurs essentielles et les principes qui constituent son âme, consacrant la liberté, l’égalité et la fraternité dans le cadre de l’état de droit. 

Ensuite. Qui est l’ennemi? En l’espèce tous les tenants de la haine, de l’homophobie, du racisme et de l’antisémitisme et singulièrement ceux qui sont abreuvés des pensées totalitaires, en premier lieu l’islamisme, qu’il soit d’inspiration wahhabite ou issu de la pensée des Frères musulmans, sans oublier les tenants de l’extrême-droite, même si ceux-ci s’attaquent aux valeurs universelles sans tuer les gens à coups de kalachnikov. 

Enfin comment devons-nous agir? Fermement, toujours dans le cadre de l’état de droit, pour préserver ce que nous partageons en commun et pour éloigner tous ceux qui mettent en danger l’équilibre qui nous permet d’évoluer dans une société, qui n’est plus malheureusement apaisée, mais qui doit le redevenir. Et pour assurer cette paix civile, les religions doivent demeurer chez elles et les fanatismes religieux doivent être combattus sans relâche. »

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/28/31003-20160128ARTFIG00270-mohamed-sifaoui-pourquoi-jean-louis-bianco-doit-partir.php

Une fois ceci dit, force est de constater que les acteurs de notre société, journalistes, intellectuels, politiques, à droite comme à gauche, sont en grande partie hors sujet.

Par « bêtise, d’hypocrisie ou-et-ignorance ».

Trois exemples récents le démontrent clairement.

 

L’émission « Des paroles et des actes » du 21 janvier 2016, l’émission « Le Supplément » du 24 janvier 2016 et la tribune du 15 novembre 2015 « Nous sommes unis », parue deux jours après les attentas du 13 novembre et signée, notamment, par Jean-Louis BIANCO.

 

Tout d’abord l’émission « Des paroles et des actes » révèle à quel point nos médias souffrent d’une des causes de notre problème : la banalisation de l’islamisme.

 

Au-delà du présentateur, David Pujadas, qui a surtout fait preuve, au pire, d’une faute professionnelle dans sa gestion de l’intervention d’une enseignante ayant fait du mot et insulte « islamophobe » son discours essentiel, cette émission met à nu plusieurs problèmes.

 

– une logique des médias, inspirée d’un courant « droits de l’hommiste » qui pousse à son terme extrême la liberté d’expression (Roger Cukierman), qui consiste à donner la parole même aux adversaires non démocratiques :  « une logique qui voudrait que toutes les opinions se valent. Moi j’estime que toues les opinions ne se valent pas. L’opinion qui est hostile à la République, l’opinion qui est hostile à la démocratie, ne vaut pas l’opinion qui défend la démocratie et les valeurs de la République. » (Sifaoui)

 

– une banalisation, consciente ou non, de l’islamisation, qui n’est hélas pas le seul fait des journalistes, mais qui est également celui de beaucoup de politiques et intellectuels.  En offrant une tribune à des islamistes sous l’appellation d’islamistes modérés à des musulmans qui tiennent des propos en contradiction totale avec cette modération. En n’appelant pas les choses par leur nom. En n’appelant pas les personnes par ce qu’elles sont, on arrive à un autre mal : l’amalgame.

 

Ceux qui refusent de désigner les agresseurs, les ennemis, et rendent donc impossible à  ceux qui les écoutent la différenciation entre ceux qu’ils faut combattre et ceux qu’il faut respecter sont précisément à l’origine de l’amalgame qu’on reproche à ceux qui ont le courage de désigner et d’isoler expressément les responsables.

 

La deuxième émission révèle la démission politique devant ce qu’il est impossible de trahir, à ce sur quoi il est impossible de transiger.

 

En ne répondant pas de manière claire et ferme, en ne condamnant pas les propos du fondateur de Baraka City, Idriss Sihamedi, qui ne «serre pas la main aux femmes» et s’est montré ambigu sur la question de savoir s’il condamnait ou non Daech, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a commis une faute politique inexcusable, et qui aurait dû, en des temps de conscience politique plus aigue, provoquer sa démission.

 

On ne doit pas transiger avec l’inacceptable. L’Etat ne doit pas transiger avec les valeurs de la République, avec notre attachement aux droits de l’Homme.

 

Cette démission, que Najat Vallaud-Belkacem ne fait que symboliser, illustre cette démission de l’Etat, de la France.

 

Cette démission qui ne la pousse plus à mettre au centre de la table le cœur de nos valeurs.

 

Ces propos ô combien vrais font admirablement écho à ceux de la tribune du 28 janvier 2016 dans Le FIGARO « Visite du Président iranien Hassan Rohani : lettre de 65 parlementaires à François Hollande » :

 « Il n’y a pas d’incompatibilité entre une diplomatie dite des intérêts et une diplomatie des valeurs car un pays qui ne défend pas ses valeurs fondatrices ne peut être crédible et donc respecté lorsqu’il défend ses intérêts. »   http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/27/31001-20160127ARTFIG00404-visite-du-president-iranien-hassan-rohani-lettre-de-50-deputes-a-francois-hollande.php

 

Nous décrivons, au nom des intérêts de la réalpolitik, comme une fatalité les concessions, les pourparlers, les affaires avec les ennemis de nos valeurs.

La tribune « Nous sommes unis » illustre tous ces maux précédemment décrits.

 

Avec en sus, le rappel de notre ignorance et de note confusion sur la notion de laïcité.

 

Sous le prétexte d’éviter une guerre civile, les attaques de musulmans non concernés, cette tribune, parue seulement deux jours après l’attentat du Bataclan, n’a pas eu peur de dire :

 

« Un piège nous est tendu ! Nous devons refuser d’y succomber ! La division, la délation, la stigmatisation sont au cœur de ce piège sournois. Chaque fois que nous tentons hâtivement de désigner des responsables de ce crime dont seuls les auteurs sont coupables, nous tombons dans le piège d’une division programmée et orchestrée. »

http://www.liberation.fr/debats/2015/11/15/nous-sommes-unis_1413644

Ces propos ne relèvent plus de la simple maladresse.

 

Prononcés dans le contexte, ils démontrent parfaitement l’aveuglement de la France comme hélas beaucoup de pays occidentaux.

 

Ils reviennent à accuser des attentats les seules personnes physiques impliquées, en faisant l’impasse purement et simplement sur l’idéologie qui est derrière et qui a armé ces hommes.

 

Tout cela pour ne pas nommer le mal.

 

Ce n’est pas par hasard qu’après la parution de cette tribune, l’essentiel des critiques s’est focalisé sur l’un des signataires, Jean Louis Bianco, Président de l’Observatoire National de la Laïcité.

 

Car au-delà du fait qu’en apposant sa signature auprès de celle de certains responsables musulmans qui font partie des radicaux, cette affaire met à vif cette incapacité à concevoir et à dévoyer la notion de laïcité.

 

La laïcité est composée de 3 idées : liberté de conscience, égalité pour permettre la mise à niveau les citoyens, et l’universalité qui consiste à lever les barrières.

 

Notion très difficile à mettre en pratique dans les faits. Mais qui est trahie aujourd’hui.

 

La question du foulard révèle à cet égard deux problèmes :

 

– le manque de courage qui nous empêche de dire que ce ne sont pas tant les signes  religieux qui nous indisposent, mais certains d’entre eux, car au rebours de toutes nos valeurs,

 

– la méconnaissance, volontaire ?, du fait que, y compris dans la religion musulmane, la valeur religieuse du foulard fait débat. Ce foulard « islamique » n’est même pas un signe religieux.

 

C’est un signe politique.

 

Mais l’admettre nous rendrait meilleurs…

 

 

Susan Hofen

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