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Tribune de Alain SAYADA ‘Iran ne cache plus ses intentions : combien de temps l’Occident continuera-t-il à fermer les yeux ? »

 

 

Il y a des moments où les masques tombent. Le récent éditorial publié par l’agence de presse Fars,

considérée comme l’un des principaux relais des Gardiens de la Révolution, en est un.

Le message est d’une clarté glaçante : selon ce média, la République islamique n’aurait désormais « d’autre choix » que de se doter de la bombe atomique afin d’empêcher toute intervention militaire contre son territoire. Plus encore, Fars affirme que seule une capacité de dissuasion nucléaire permettra à l’Iran d’obtenir la « paix » et de négocier « depuis une position correcte ».

Autrement dit, le régime iranien, ou du moins une composante influente de son appareil politico-militaire, considère désormais l’arme nucléaire non plus comme une simple option, mais comme une nécessité stratégique.

Pendant que certains continuent d’espérer un retour à des négociations apaisées, cette publication rappelle une réalité beaucoup plus inquiétante : le cessez-le-feu intervenu après les dernières frappes ne garantit en rien un changement des ambitions stratégiques de la République islamique. À mes yeux, il s’apparente davantage à une pause qu’à une véritable désescalade.

Depuis quarante-sept ans, le régime des mollahs n’a jamais renoncé à son projet idéologique. Les slogans appelant à la disparition d’Israël et dénonçant les États-Unis comme le « Grand Satan » continuent d’être scandés lors de rassemblements officiels. Les faits sont connus : financement de groupes armés dans plusieurs pays du Moyen-Orient, développement d’un important programme balistique et poursuite d’activités nucléaires qui suscitent depuis des années les inquiétudes de la communauté internationale.

Certains persistent pourtant à croire que le danger ne concerne qu’Israël.

C’est une grave erreur.

Le véritable enjeu dépasse largement l’État hébreu. Le contrôle de l’équilibre stratégique du Golfe, la domination des voies énergétiques mondiales, l’influence sur les monarchies arabes et la remise en cause de la présence occidentale dans la région constituent également des objectifs majeurs de la République islamique.

L’Europe aurait tort de croire qu’elle est protégée par la distance géographique.

Les progrès réalisés par l’Iran dans le domaine des missiles balistiques alimentent depuis plusieurs années les préoccupations des services de renseignement et des responsables politiques occidentaux. Une combinaison entre une capacité nucléaire militaire et des vecteurs balistiques modernes modifierait profondément les équilibres de sécurité, y compris pour les intérêts européens.

Pendant ce temps, l’Europe hésite.

Elle publie des communiqués.

Elle exprime sa « profonde préoccupation ».

Elle appelle à la retenue.

Mais face à un régime qui revendique ouvertement sa volonté d’obtenir une capacité nucléaire pour renforcer sa position stratégique, ces déclarations risquent de ne plus suffire.

L’Histoire est cruelle avec ceux qui refusent de voir les signaux annonciateurs des grandes crises.

Dans les années 1930, beaucoup pensaient que chaque concession permettrait d’éviter la guerre. L’annexion de l’Autriche, puis celle des Sudètes, furent accueillies par des appels à la modération. Quelques mois plus tard, l’Europe découvrait que les ambitions expansionnistes ne s’arrêtent jamais d’elles-mêmes. Cette analogie historique ne signifie pas que les situations sont identiques, mais elle rappelle le coût que peut avoir une politique d’attentisme face à des ambitions affichées.

Nous sommes peut-être à un tournant.

Si les propos relayés par Fars traduisent réellement l’évolution de la pensée stratégique des cercles les plus influents du régime, alors la communauté internationale ne peut plus se contenter d’espérer que le temps résoudra le problème.

Il appartient désormais aux démocraties occidentales de retrouver une vision stratégique commune. Empêcher la prolifération nucléaire au Moyen-Orient n’est pas seulement une question de sécurité régionale ; c’est un enjeu majeur pour la stabilité mondiale.

Car une vérité demeure : lorsqu’un régime explique publiquement que la bombe atomique est la condition préalable à la paix, il ne faut pas détourner le regard.

Les avertissements existent.

L’Histoire jugera sévèrement ceux qui auront choisi de les ignorer.

Alain SAYADA

Rédacteur en Chef d’Israel Actualités

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