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Bravant les tabous, des Syriens soignés dans des hôpitaux israéliens (REPORTAGE) Par John Davison

Un médecin israélien et une blessée syrienne le 28 août 2013 à l'hôpital Ziv de Safed dans le nord d'Israël afp.com - Menahem Kahana

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SAFED (Israël), 30 août 2013 (AFP) – Loin de la fureur des bombardements
dans leur pays, des dizaines de blessés syriens sont soignés au calme d’un
petit hôpital du nord d’Israël, oubliant pour quelques jours les tensions qui
opposent les deux pays.
Fatima a été blessée dans le bombardement de sa ville natale de Deraa, dans
le sud de la Syrie. Admise fin juillet à l’hôpital Ziv de Safed, elle ne tarit
pas d’éloges sur le personnel médical israélien.
« Ils font preuve de beaucoup de respect à notre égard. Que Dieu les
protège », dit-elle, assise sur son lit, a deux pas de celui de sa fille âgée
de 8 ans, elle aussi blessée.
Mais cette mère de neuf enfants, âgée de 41 ans, ne parvient pas toujours à
cacher sa nervosité à l’idée d’être associée avec Israël, un pays
techniquement en guerre avec la Syrie depuis les guerres de 1967 et 1973.
Craintive, elle a demandé à ce que des pseudonymes remplacent son nom et
celui de sa fille pour qu’elles ne puissent être identifiées.
« S’il-vous plaît, ne montrez pas nos visages », a-t-elle aussi demandé au
photographe de l’AFP.
Fatima fait partie des plus de 100 Syriens hospitalisés en Israël, la
plupart dans les hôpitaux de Safed et de Nahariya.
Selon le directeur adjoint de l’hôpital de Safed, Calin Shapira, environ un
million de dollars ont été alloués par le gouvernement israélien pour le
traitement des blessés syriens.
Fatima dit ne pas savoir comment elle est arrivée en Israël; elle vaquait à
ses occupations quotidiennes à Deraa lorsqu’un obus de mortier a touché sa
maison, la blessant ainsi que sa fille « Zahra ».
« L’explosion m’a complètement assourdie. J’ai été assommée et je ne me
souviens plus comment je suis arrivée ici ou qui m’a évacuée. Je me souviens
juste que des gens m’ont aidée à me relever et après je me suis retrouvée ici,
dans un hôpital israélien », explique-t-elle.
Selon les médecins, Fatima, touchée à la cheville souffre « d’un sérieux
traumatisme lié à l’explosion avec perte de tissu et d’os » tandis que sa fille
est atteinte de fractures multiples aux deux jambes.
Leur voisine de chambre, âgée de 15 ans, elle aussi originaire de Deraa, a
eu moins de chance et a perdu ses deux jambes dans un bombardement.
Dans le service de soins intensifs, juste à côté de la chambre des trois
femmes, est allongé un jeune Syrien, une balle logée dans l’estomac.
Israël est sur le qui-vive dans l’éventualité d’une intervention militaire
étrangère en Syrie qui pourrait provoquer des débordements dans l’Etat hébreu.

« Compassion »

Mais malgré la montée de la tension entre les deux pays, tous les Syriens
qui arrivent dans l’établissement sont soignés, explique le directeur adjoint
de l’hôpital Ziv.
« Peu importe d’où ils viennent. Nous les accueillons à l’hôpital et les
traitons avec compassion. Un des principes de la profession médicale est de
venir en aide, indépendamment de toute autre considération », explique Calin
Shapira.
« La plupart des blessés en provenance de Syrie sont des civils innocents,
dont de nombreuses femmes et enfants, qui n’ont pas participé aux combats »,
ajoute-t-il, précisant qu’ils sont acheminés jusqu’à l’établissement par
l’armée israélienne.
« Nous ne savons pas d’où ils viennent ou qui ils sont. La seule chose que
nous savons c’est qu’ils ne faisaient pas partie des forces d’Assad »,
poursuit-il.
L’armée israélienne a indiqué avoir évacué des dizaines de Syriens blessés,
autorisés pour des raisons humanitaires à franchir la ligne de cessez-le-feu
entre Israël et la Syrie au point de passage de Qouneitra, vers l’hôpital Ziv,
situé à une quarantaine de kilomètres de là.
« Lorsqu’ils peuvent quitter l’hôpital, les Syriens sont de nouveau confiés
à l’armée qui les ramène en Syrie mais je ne sais pas où », précise M. Shapira.
Fatima redoute tous les bombardements, avec ou sans utilisation d’armes
chimiques.
« Tout le monde a peur de toutes les sortes de bombardements et de frappes
(par le régime) qui se poursuivent maintenant depuis longtemps », dit-elle.
« Nous voulons juste que cela soit fini quand nous rentrerons à la maison ».
jad-dms/cbo/hj/sba

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