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Interview de : Ariel Goldmann, Président du FSJU : « Cette crise sanitaire nous enseigne l’humilité. »

 

arie goldmann

Ariel Goldmann, Président du FSJU : « Cette crise sanitaire nous enseigne l’humilité. »

 

 

Le Président du FSJU (Fonds Social Juif Unifié) est de ceux qui furent sur tous les fronts, au cœur de la crise sanitaire. Car si les besoins sociaux, psychologiques, médicaux et financiers se sont retrouvés extrêmement accrus, en très peu de temps, les dons, eux, ont ralenti, pour cause d’annulation en chaîne d’événements de collecte. C’est tout à la fois la réaction et l’adaptation de l’institution au cœur de la tourmente que les difficultés auxquelles elle a dû faire face que nous voulions connaître en l’interrogeant. Précis, exhaustif, comme à son habitude, Ariel Goldmann délivre un message clair, filé tout le long de cet entretien exclusif. : le Fonds Social Juif Unifié porte bien son nom : en cas de crise, il sait réagir vite pour faire vivre et prospérer la solidarité et l’union. Explications…

 

L’institution que vous présidez se retrouve par la force des choses, au cœur de la tourmente. Comment se sont passés les mois de confinement, pour vous-même et vos équipes ?

Vous avez raison de préciser que le FSJU s’est retrouvé « par la force des choses au cœur de la tourmente », c’est même dans notre ADN, puisque le FSJU a joué un rôle fondamental et structurant pour la communauté, à chaque crise, depuis la fin de la guerre, notamment lors des attentats. Mais il s’est agi ici, et ce pour la première fois, d’une crise à la fois sanitaire, sociale et économique, qui a touché tout le monde, sans distinction, à travers le pays et même la planète. Dès le vendredi 13 mars, le FSJU a lancé, pour faire face à cette pandémie, une campagne de mobilisation d’envergure nationale sans précédent, au travers de ses cinq délégations régionales et de ses cinq  départements d’actions (vie associative, action scolaire, action jeunesse, médias et culture), afin de venir en aide aux plus fragiles – familles et enfants en difficulté, personnes âgées isolées, handicapés – tous victimes de la double peine : celle de la précarité, d’une part et celle du Tsunami viral et de ses conséquences vitales. Tout, sans exception, a dû être adapté et je remercie et félicite d’ailleurs à ce sujet notre Directeur Général, Richard ODIER, qui a su mettre en place le plan de continuité de l’entreprise et de l’action : ainsi le FSJU s’est transformé en 48h : passage au télétravail, reconstruction des équipes collaborateurs, collaboration intensive avec les opérateurs structurés pour se concentrer et améliorer la qualité de service. La directrice de la Philanthropie, Julie GUEZ, a maintenu le lien avec les donateurs et a pensé de nouvelles formules. Chaque directeur ou directrice d’action et les responsables des délégations en région et en Israël ont été pleinement mobilisés. Quant à RCJ et Akadem, nos supports médiatiques, ils ont également joué un rôle majeur. Toutes les institutions de la communauté se sont unies pour constituer une cellule de crise : Consistoire, CRIF, SPCJ, et, en Ile-de-France, le CASIP et l’OSE. Le FSJU y a, bien sûr, pris toute sa place.

 

Quant à moi, j’étais confiné à mon domicile, avec mon épouse et, (tout en poursuivant mon activité professionnelle en tant qu’avocat), j’ai pris part, comme beaucoup d’entre nous à nombre de réunions en Whatsapp et Zoom avec le bureau exécutif et le comité directeur du FSJU afin que les décisions soient collégiales. Nous avons aussi fait le lien avec les structures ministérielles et les associations aussi bien au moment du confinement que dans la phase de dé confinement notamment au niveau de la direction de l’action scolaire. Tous nos cadres et nos élus sont restés mobilisés pratiquement 24 h/24 pour faire face à la situation tragique et incroyable qu’a traversée la communauté.

 

Comment avez-vous organisé la poursuite des activités de collecte et de redistribution ? 

Au sein de la communauté comme à l’échelle de la Nation, il y a ceux qui ont vu venir la catastrophe et malheureusement, ceux qui n’y ont pas cru jusqu’au dernier moment. Pour notre part, nous avons annulé nos grands dîners de collectes dès la fin février et en particulier le grand dîner de Gala qui devait se tenir à Paris le 8 mars : cela a été douloureux, coûteux, mais je pense pouvoir dire que grâce à cela, nous avons épargné des vies et des souffrances.

La collecte s’est tout de même poursuivie, d’abord de façon spontanée : de nombreux donateurs, parmi les plus fidèles, comme de nouveaux, ont compris le rôle que jouait le FSJU au travers de cette crise et ont spontanément fait des dons importants. Je veux leur dire ici à quel point leur soutien volontaire m’a touché. Nous avons maintenu des appels au don par mail, par SMS et par les réseaux sociaux, mais bien entendu la collecte de 2020 sera fortement impactée par cette crise. Nous espérons que notamment au travers de la collecte IFI qui se déroule actuellement, nous remonterons la pente. Sur le plan de la redistribution nous avons fait notre maximum pour aider ceux qui en avaient le plus besoin pendant cette période. Mais ce dont je suis très fier, c’est la rapidité et l’ingéniosité avec laquelle l’institution a su s’adapter. Nous avons même monté une plateforme logistique de collecte : achats et livraisons de gants, gels, masques : des dizaines de milliers d’unités ont été distribuées : à l’OPEJ, à la Résidence pour seniors les Oliviers à Marseille (CASIM), au Centre Médical de l’OSE, au Foyer médicalisé du Buisson Ardent à Strasbourg, à la Maison de retraite RAMBAM de Toulouse, aux volontaires du SPCJ, à Lev Tov, aux bénévoles de l’UEJF, au CASIT, au CASIL, à Logivitæ (aides-soignants et visiteurs à domicile pour les personnes âgées et survivants de la Shoah, communauté de Lille, bénévoles EZRA….). Ce fut une période très difficile où tout manquait notamment pour les travailleurs sociaux ou les personnes qui s’occupent de personnes âgées en EPHAD ou à domicile.

Je veux d’ailleurs ici remercier nos élus qui se sont mobilisés, notamment Gil TAIEB, Danièle LASRY, Babeth ZWEIBAUM, Gaby BENSIMON, Olivier KLEIN ou encore Mickael SZERMAN.

Je pense aussi à Dorothy BENICHOU qui s’est occupée des questions liées au deuil en lien avec la Hevra Kadicha. Rien n’aurait été possible sans le soutien de la Région Ile-de-France et de sa présidente Valérie PECRESSE ou encore du Docteur Sydney OHANA. Aujourd’hui nous livrons directement aux seniors suivis par nos services, chez eux, les masques de protection.

 

« Plus de 3000 appels téléphoniques passés, 368 situations d’urgence à gérer »

 

Violences conjugales, isolement des personnes âgées, renforcement des inégalités sociales avec difficultés à se nourrir pour les plus fragiles, furent les problèmes rencontrés au sein de la société française du fait de la pandémie et du confinement. Est-ce similaire, à l’échelle de la communauté juive ? 

 

Malheureusement, oui, notre communauté n’a pas échappé à ces douloureux phénomènes et ce, dès le début du confinement.

Nous avons mis en place, au travers de la cellule de crise, trois services d’assistance et de suivis :

  • Chezmapsy@gmail.com pour de l’aide et écoute gratuite par des psys encadrés par Eric Ghozlan (OSE) et auxquels se sont jointes les équipes qui travaillent avec nous depuis des années. Je pense en particulier au formidable réseau Samekh de l’OPEJ. (L’OPEJ étant le partenaire des écoles juives en Ile-de-France depuis des années).
  • Une ligne pour le pôle d’aide psychologique aux familles et aux personnes hospitalisées ou ayant des décès dans leur entourage ?
  • Une ligne d’urgence rabbinique pour de l’assistance spirituelle à la demande du Grand Rabbin de France Haïm Korsia et du Consistoire Central.

 

Quelles actions avez-vous pu mettre en place pour apporter aide et soutien aux personnes et associations concernées par ces nouveaux besoins ?

Le RESEAU EZRA, qui dépend du FSJU a maintenu et renforcé ses activités. Malgré le confinement, l’intégralité de l’équipe professionnelle du réseau Ezra est restée en contact permanent par mail ou téléphone avec les bénéficiaires et les bénévoles, pour toute aide ou conseil dont ils pouvaient avoir besoin. Nos bénévoles, heureusement, ont été formés tout au long de l’année et sont arrivés à s’adapter. Toute l’équipe de la « commission Solidarité » s’est totalement mobilisée dans la période. Ce sont plus de 30 bénévoles du Brin de Causette qui ont assuré la permanence téléphonique et qui ont été en contact à raison de 3 fois par semaine avec des centaines de personnes âgées du réseau. Chaque demande a été analysée et traitée.

Par ailleurs, des centaines de colis alimentaires ont été livrés, en quelques jours, sur tout le territoire grâce à une plateforme collaborative entre les professionnels des départements sociaux du FSJU, une équipe de bénévoles et le réseau de l’UEJF et des EEIF qui s’assurent que les familles soient livrées et les bons alimentaires distribués…

 

Au total, ce sont plus de 3000 appels téléphoniques qui ont été reçus et passés par l’équipe du Social et du Réseau Ezra, pendant toute cette période difficile. Dès les prémices du confinement, le Réseau Ezra a pris en charge plus de 368 situations d’urgence, en lien avec des demandes alimentaires, financières et frais d’obsèques.

Plus de 100.000 masques ont été distribués, nous avons commencé par les personnels des EHPAD, des aides-soignants, des bénévoles de distribution alimentaire ou du SPCJ, des équipes de maisons d’enfants en particulier celles de l’OPEJ puis nous avons initié, avant la fin du confinement, une opération inédite avec le service Passerelles du FSJU.

C’est sans doute l’objet le plus emblématique de la crise du moment, mais c’est bien le masque qui sera le précieux sésame protecteur pour sortir et reprendre une vie normale. C’est pourquoi, les équipes d’Andrée Katz, du service PASSERELLES, ont mis sous plis près de 5000 masques dans 600 courriers à destination des survivants de la shoah et des enfants cachés. Cette opération a prolongé le formidable lien que professionnels et bénévoles de Passerelles entretiennent depuis le début du confinement par des échanges téléphoniques réguliers, des attentions personnalisées et autant de sourires qui égayent le quotidien de personnes fragilisées par l’isolement.

 

Il y a donc eu un réel afflux de familles nouvellement touchées par la précarité ?

Oui, des centaines. A l’initiative de la Cellule de Crise Nationale, mise en place pour la situation actuelle, une structure d’aide d’urgence, appelée « BETEAVON », a vu le jour, en partenariat avec le CASIP, l’OSE et des petites structures locales, afin de pouvoir répondre à toute demande urgente pendant la période de confinement. Cette structure inédite, travaillant avec le réseau EZRA du FSJU, cherche à couvrir tous les appels au secours sur l’Ile-de-France dans un premier temps. La FMS vient également en appui et chaque grande association à créer un fond de bourse dédié. Les nouvelles demandes sont toutes traitées ou en cours de traitement et c’est un formidable élan de solidarité qui s’est écrit en quelques jours entre les institutions. Elles sont amenées par tout le réseau communautaire tant de synagogues, de centres communautaires, d’associations (ex Lev Tov, Yad Alev…) mais aussi les CASI en régions. Cette distribution additionnelle de bons Hypercacher pour un montant de 25 000 € a été financée à 80% et pilotée par le FSJU via les EEIF / Eclaireurs et Eclaireuses Israélites de France. Elle a permis de venir en aide à 500 familles recensées en difficulté accrue du fait de la crise actuelle. Nous avons aussi pu contribuer à la livraison de repas réguliers (pour la région parisienne en lien avec le Casip, pour Nice avec le CCAS de la ville, Toupargel en Rhône-Alpes…), à la distribution de cartes alimentaires pour des centaines de cas suivis, au financement, par le fonds d’urgence, d’un nombre incalculable de situations inédites telles que des batteries pour des prothèses auditives ou la prise en charge de taxis pour des auxiliaires de vies, d’infirmiers, de bénévoles qui livrent… Le premier budget sur les trois mois du Covid est de plus de 300.000 € dans un plan d’urgence, en prenant également le relais de structures communautaires qui faisaient en temps normal de la distribution de colis de pessah. Je suis fier de constater que la solidarité a été au rendez-vous et que toutes les forces vives de la communauté se sont mobilisées à l’unisson.

 

« Nous avons su innover pour nous adapter ! »

 

Que pensez-vous de la gestion de la crise, en France, et en Israël ?

Il y deux catégories de personnes : celles qui ont vu venir les choses et les autres. Il en va de même au niveau des états. Clairement, Israël fait partie des états qui ont vu arriver l’orage et qui, très tôt, ont pris des mesures de protections sanitaires draconiennes. Cette agilité est aussi liée à l’habitude qu’Israël a de se préparer et de préparer sa population à affronter les pires périls : bombardements, attaques chimiques ou biologiques etc… L’Etat hébreu est un état en guerre, il sait donc adopter des réflexes de survie plus rapidement et ce n’est un secret pour personne. Quant à la population, elle sait, dans les crises aigües, faire preuve de discipline et bon sens. C’est un élément clé dans la gestion d’une crise sanitaire…

 

Quels sont, à votre sens, les sujets sur lesquels la France, malgré son statut de puissance occidentale, n’a pas su gérer ?

A la place qui est la mienne, et à l’époque où nous sommes, je ne me permettrai pas de distribuer des bons et des mauvais points à nos dirigeants. Je suis persuadé qu’aucun d’entre eux n’est satisfait de la situation et de son bilan humain. En revanche, j’ai été agréablement surpris de la solidarité de la nation et des moyens hors normes que l’État a engagés pour sauver des vies et pour éviter une totale saturation du système de santé qui a tenu. Sur le plan économique aussi des efforts inimaginables ont été consentis par l’État, et quand on compare à d’autres pays, y compris des « très grandes puissances » je pense qu’aussi bien le système de santé, que l’aide économique peuvent être qualifiées de hors normes !

 

En l’absence de visibilité, pour les galas, dîners et autres événements culturels, avez-vous imaginé d’autres moyens de rassembler les donateurs ?

Bien sûr ! Il y a d’abord les fameux « webinars » et les réunions via zoom. Toute crise doit être une occasion de se réinventer et c’est ce que nous essayons de faire, même si le confinement a porté un coup à ce qui est notre meilleur vecteur de visibilité en matière d’actions. L’annulation du gala du 8 mars à Paris et de la totalité des événements en région a, je ne vous le cache pas, constitué un coup rude. L’opération de Pessah a été immanquablement bousculée par l’urgence de la crise. Enfin, l’attentisme de toute la société s’est traduit par la frilosité des donateurs. Un manque qui, pour les équipes de la philanthropie a représenté autant de désagréments qu’un nécessaire redéploiement d’énergie afin de rappeler l’urgence du contexte social dans la Communauté juive à nos donateurs et sympathisants. Je suis fier de vous dire que nous avons su innover pour nous adapter !

 

C’est-à-dire ?

Nous avons organisé, en plein confinement, une vente aux enchères en ligne. « L’art d’être solidaire ! » a été une opération originale de vente on line organisée du 3 au 8 mai 2020. Elle a permis de mettre en lumière d’exceptionnelles œuvres d’artistes plasticiens, parmi lesquels Jacques Villeglé, Antonio Segui, Peter Kalsen, Philippe Geluck. Les célébrités qui, toujours nous sont fidèles lors de la Tsedaka nous ont aussi apporté leur concours : Michel Boujenah, Pascal Elbé, Gad Elmaleh et bien d’autres ont proposé des lots… inédits, comme un brunch en tête-à-tête avec eux ! Cette campagne a été une grande réussite portée par Marlène Nathan de Lara, le commissaire-priseur Gros Delletrez et Drouot, et l’engagement du Docteur Gérard Garcon, membre du Bureau exécutif. Le tout a été orchestré par Julie GUEZ, notre directrice de la philanthropie.

 

« Il faudra rendre aux victimes de la COVID-19 l’hommage qu’elles méritent »

 

Pessah, en pleine période de confinement, a représenté un réel défi pour le monde associatif car, on le sait, les populations fragiles comptent plus que jamais en cette période sur l’aide alimentaire. Le FSJU a-t-il pu remplir sa mission durant la fête ?

Oui encore plus qu’en temps normal ! Partout à travers la France, des centaines de colis et bons alimentaires ont été livrés en quelques jours sur tout le territoire grâce à une plateforme collaborative entre les professionnels des départements sociaux du FSJU et une formidable équipe de bénévoles ! Leur dévouement, leur disponibilité immédiate m’ont impressionné autant qu’ils m’ont touché.

 

Qu’en est-il des publics particulièrement touchés par la COVID-19, avez-vous mis en place des actions spécifiques pour leur venir en aide ? 

Oui, nous avons mis en place une formidable chaîne humaine pour livrer masques, gants et gels partout où cela était nécessaire. Nous avons malheureusement aussi dû financer de nombreuses obsèques pour des familles qui n’en avaient pas les moyens et qui se trouvaient dépourvues.

 

Comment votre institution envisage-t-elle l’avenir ? En particulier le département culture ? 

Il faudra, pendant un moment, nous réinventer, notamment grâce aux technologies nouvelles. Nous avions déjà entamé une transformation dans notre organisation depuis quelques mois et cela nous a aidés. Pour autant, je ne veux pas tirer un trait sur le lien que nous avons su créer. Je suis un optimiste né ! Je suis sûr que nous nous retrouverons bientôt lors de festivals, de concerts ou de dîners. C’est ce qui fait le sel de la vie, année après année, au FSJU !

 

La communauté juive a payé un lourd tribut à la COVID-19. Le FSJU a-t-il en projet de rendre hommage à ces victimes ?

Oui, plusieurs chiffres de mortalité ont circulé, ils sont tous terrifiants ! J’ajoute que de grands serviteurs de notre peuple ont péri du virus ou de ses suites. Pour autant, on ne peut avoir de données précises car en France nous ne pouvons légalement suivre les personnes en fonction de leurs ethnies, croyances… Ceci étant, il faudra néanmoins que la communauté trouve la forme la plus adaptée pour rendre à ceux que nous avons perdus l’hommage qu’ils méritent.

 

La haine antisémite a, semble-t-il, fleuri en cette période. Comment lutter contre cette explosion absurde alors que nos moyens d’action sont bouleversés par l’épidémie ?

L’antisémitisme n’a pas attendu le virus ou le confinement pour se développer comme une métastase. « L’antisémitisme représente la peste, une maladie redoutable, non seulement pour les juifs, mais aussi pour le monde entier et si personne ne s’y oppose, elle nous corrompra tous », disait le Président israélien Rivlin. Il a raison. Il faut lutter sans relâche, ne rien laisser passer que ce soit dans la vraie vie ou sur les réseaux sociaux. Il faut déposer plainte, suivre ces plaintes, et faire condamner les auteurs, mais aussi impliquer les hébergeurs. Je salue, à ce titre, la dernière action en justice menée à l’initiative de l’UEJF.

 

Le confinement a bouleversé le quotidien mais aussi la façon de penser le futur pour nombre de gens. A titre personnel, qu’en retirez-vous ?

J’ai vu, comme beaucoup d’entre nous, des proches malades, d’autres mourir et j’ai réalisé combien la vie était un bien précieux et la santé un élément cher. Cette période a eu aussi pour effet de nous montrer, de me montrer à quel point, contrairement à ce que l’on pense souvent, on ne maîtrise pas tout. Je dirai même plutôt qu’on ne maîtrise rien ! Si on m’avait dit, il y a 6 mois, que je serai privé de voir mon père ou mes enfants pendant plusieurs mois, je ne l’aurais pas cru… Et pourtant, ce fut le cas ! Pour moi, la leçon à en tirer est d’abord celle de l’humilité. Nous devons revenir à des choses simples, être plus humbles et plus tolérants avec les autres…

 

Interview recueillis par Alain SAYADA

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