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Crise financière à Gaza: les pays donateurs se réunissent à Bruxelles

Aujourd’hui le comité de liaison chargé de l’aide internationale aux Palestiniens se réunit: seul un tiers des promesses d’aide à Gaza a été versé.

Pas moins de trois rapports internationaux consacrés à la situation économique des territoires palestiniens, et de Gaza en particulier, ont été publiés ces jours-ci : ils seront tous soumis au comité de liaison ad hoc (ou Ad Hoc Liaison Committee – AHLC) qui est chargé de coordonner l’aide internationale aux Palestiniens. Les auteurs de ces rapports sont : la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, et le Bureau de l’envoyé du Quartet au Moyen-Orient, Tony Blair.

DES PROMESSES DE DONS NON TENUES

Ces trois rapports ont un point commun : mettre en valeur la crise financière à laquelle font face les territoires palestiniens, et notamment la bande de Gaza qui a été partiellement dévastée par le dernière opération militaire israélienne Tsouk Eitan. Et de pointer les principaux responsables (toujours selon les observateurs étrangers) de cette situation : le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza et auquel l’Egypte participe, le fossé politique entre l’AP et le Hamas, et le non versement des promesses d’aide internationale.

La Banque mondiale consacre une large part de son rapport à la lenteur des donateurs internationaux qui ne tiennent pas leurs promesses, et en particulier les riches puissances pétrolières du Golfe. Lors de la Conférence du Caire pour la reconstruction de Gaza tenue le 12 octobre 2014, les donateurs s’étaient engagés à verser 3,51 milliards de dollars pour Gaza ; sept mois plus tard, seulement 967 millions de dollars ont été effectivement versés, soit 27,5% des promesses. Une misère.

LES LIMITES DE LA SOLIDARITÉ

À croire que la solidarité internationale aux Palestiniens atteint ses limites. Jusqu’au début des années 2010, les Palestiniens étaient le peuple le plus aidé au monde : l’aide internationale, toutes origines confondues, se montait à 4 milliards de dollars par an, soit 1.000 dollars par tête. Or ces dernières années, les donateurs ne tiennent pas leurs engagements : ils s’inquiètent sans doute de voir leurs fonds « partir en fumée » à chaque conflit militaire avec Israël, tous les deux ans environ.

C’était pour coordonner l’aide internationale qui a commencé à affluer après 1993 qu’un comité international, the Ad Hoc Liaison Committee (AHLC), a été constitué ; il s’est réuni pour la première fois à Paris en novembre 1993 et il se réunit à nouveau aujourd’hui à Bruxelles. Quinze membres participent à ce comité : l’Union européenne, les Etats-Unis, Israël, le Canada, l’Egypte, la Russie, l’Arabie saoudite, la Norvège, le Japon, la Jordanie, le FMI, etc.

BONS ET MAUVAIS PAYEURS

Le rapport de la Banque mondiale révèle qui sont les mauvais payeurs et qui sont les pays qui respectent leurs promesses de dons. Au rang des mauvais payeurs, figurent les pays du Golfe : le Koweït n’a rien versé des 200 millions promis, le Qatar n’a versé que 10% du 1 milliard de dollars promis, alors que l’Arabie saoudite n’a versé que 10% des 500 millions de dollars promis.

En revanche, les pays occidentaux ont, en grande partie, tenu leurs promesses : la Grande-Bretagne a versé 80% des 32 millions de dollars promis, et les Etats-Unis ont versé 84% des 277 millions de dollars promis. Quant à la France, elle a versé 100% de ses engagements qui, il est vrai, n’étaient pas très élevés (10 millions de dollars).

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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