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Israéliens et Palestiniens visent un accord de paix d’ici neuf mois

WASHINGTON (District of Columbia), 30 juil 2013 (AFP) – Israéliens et
Palestiniens, qui ont repris leur dialogue direct sous l’égide des États-Unis,
sont tombés d’accord mardi pour tenter de sceller un accord de paix final dans
les neuf prochains mois.
Au terme de près de trois ans de blocage du processus de paix et après plus
de six décennies d’un conflit historique, les deux camps doivent se revoir
d’ici « deux semaines en Israël ou dans les Territoires palestiniens pour
commencer le processus des négociations formelles », a déclaré à la presse au
département d’État le secrétaire d’État John Kerry, l’artisan de cette reprise
des contacts.
L' »objectif », a insisté le patron de la diplomatie américaine, est de
trouver « un accord final au cours des neuf prochains mois ».
M. Kerry s’exprimait aux côtés de la ministre israélienne de la Justice
Tzipi Livni et du négociateur en chef palestinien Saëb Erakat qui se parlent
directement depuis lundi soir à Washington, dans un climat que toutes les
parties se plaisent à qualifier de « positif et constructif ».
Au cours d’un point de presse plutôt détendu, M. Kerry a annoncé que les
négociateurs israéliens et palestiniens étaient « tombés d’accord aujourd’hui
pour que toutes les questions du statut final, toutes les questions
fondamentales et toutes les autres soient toutes sur la table des
négociations ».
« Je crois fermement que les dirigeants, les négociateurs et les citoyens
qui s’investissent peuvent faire la paix pour une raison très simple: ils y
sont obligés. Une solution viable à deux États (israélien et palestinien) est
la seule voie pour résoudre ce conflit. Il ne reste pas beaucoup de temps pour
y arriver et il n’y pas d’alternative », a martelé le ministre américain qui
s’est rendu six fois en quatre mois au Proche-Orient.
M. Erakat a salué ces efforts, affirmant que « personne d’autre que les
Palestiniens ne bénéficierait davantage d’un succès » des négociations de paix
avec Israël.
Il s’est dit « ravi que toutes les questions soient sur la table », répétant
qu' »il était temps pour les Palestiniens d’avoir leur propre État souverain ».
« Pas peur de rêver »
Mme Livni s’est elle aussi montrée plutôt optimiste. « Je crois que
l’Histoire ne se fait pas par les cyniques. Elle se fait grâce aux réalistes
qui n’ont pas peur de rêver », a lancé la ministre.
De son côté, le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union
européenne et ONU) a appelé Israéliens et Palestiniens « à faire tout leur
possible pour promouvoir les conditions pouvant conduire au succès du
processus de négociation, et à éviter de prendre des actions susceptibles de
saper la confiance ».
Dans la matinée, le président Barack Obama avait jeté son poids dans la
balance en recevant les deux camps à la Maison Blanche. Il avait salué dès
lundi matin un moment « prometteur » pour le Proche-Orient, tout en avertissant
les protagonistes qu’ils devront faire des « choix difficiles » et « travailler
dur ».
Le président des États-Unis avait fait du règlement du conflit
israélo-palestinien une des priorités de son premier mandat en janvier 2009,
avant d’échouer: les dernières négociations de paix directes avaient capoté en
septembre 2010, au bout de trois semaines, en raison de la poursuite de la
colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
Plus tôt mardi, Mme Livni s’était montrée plus prudente sur l’issue de ce
fragile processus de paix.
Interrogée par la radio publique israélienne, elle n’avait pas caché une
nouvelle fois les profondes divergences au sein de son gouvernement. « Il y a
des ministres qui ne veulent pas arriver à un accord ni entendre parler de
l’idée de deux États, d’autres ministres qui sont indifférents mais espèrent
qu’il n’en sortira rien, et d’autres membres du gouvernement qui veulent
parvenir à la fin du conflit », avait expliqué la ministre.
Elle faisait allusion aux ministres de l’aile dure du Likoud, le parti du
Premier ministre Benjamin Netanyahu, et du Foyer juif, un parti nationaliste,
qui sont hostiles à la création d’un Etat palestinien. Mme Livni visait aussi
le parti de centre droit Yesh Atid de Yaïr Lapid, le ministre des Finances,
qui jusqu’à présent ne considère pas le processus de paix comme une priorité.

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