

La station suisse de Crans-Montana, réputée pour son cadre alpin et ses festivités hivernales, est aujourd’hui plongée dans la stupeur. La catastrophe survenue dans la nuit du Nouvel An, au cours de laquelle un incendie a ravagé le bar Le Constellation, continue de livrer des révélations troublantes.
Le drame a coûté la vie à au moins quarante personnes, parmi lesquelles de nombreux adolescents, et fait près de cent vingt blessés. Alors que l’enquête progresse, le passé judiciaire du propriétaire de l’établissement jette une lumière particulièrement sombre sur cette affaire, provoquant indignation et colère.
Un gérant au passé judiciaire lourd
Le gérant du bar, Jacques M., ressortissant français d’une soixantaine d’années originaire de Corse, est loin d’être inconnu des autorités. Selon plusieurs éléments relayés par la presse européenne, il a déjà purgé des peines de prison en France pour des faits graves : escroquerie, enlèvement, séquestration et proxénétisme.
En 2005, il avait notamment été incarcéré en Savoie dans une affaire d’enlèvement. D’autres dossiers liés au proxénétisme remonteraient à une vingtaine d’années. La révélation de ce passé criminel suscite une vive indignation chez les familles endeuillées et parmi les habitants de la région, qui s’interrogent sur les contrôles ayant permis à un tel profil d’exploiter un établissement recevant du public.
Une propagation fulgurante du feu
Les circonstances du drame sont désormais plus précises. L’incendie se serait déclaré après l’utilisation de feux d’artifice artisanaux, fixés sur des bouteilles de champagne, installées trop près du plafond d’une cave voûtée. Les flammes auraient embrasé la structure en quelques instants, provoquant une propagation fulgurante du feu dans un espace bondé.
La procureure générale du canton, Béatrice Fillod, a confirmé que les premiers éléments de l’enquête mettent en évidence une diffusion extrêmement rapide de l’incendie, laissant peu de chances aux clients de s’échapper.
Des manquements graves aux règles de sécurité
Si Jacques Moretti affirmait que son établissement respectait l’ensemble des normes de sécurité, les investigations ont mis au jour de graves manquements. Le bar n’aurait été contrôlé que trois fois en dix ans, alors que la réglementation impose des inspections annuelles strictes pour les établissements recevant du public.
Ce défaut de contrôle soulève de lourdes questions :
- responsabilité des exploitants,
- responsabilité des autorités administratives,
- défaillance du système de prévention dans un lieu festif à forte affluence.
Auditions, liberté provisoire et risques de poursuites
Le couple M. avait racheté Le Constellation en 2015. Outre ce bar, ils possèdent plusieurs commerces dans la région ainsi que des biens immobiliers en France. Présente lors du drame, l’épouse du propriétaire, Jessica M., a été légèrement blessée à la main.
Tous deux ont été entendus par le parquet suisse puis remis en liberté, sans inculpation formelle à ce stade. Les autorités n’excluent toutefois pas des poursuites pour incendie criminel et homicide involontaire si la responsabilité pénale venait à être établie.
Un précédent tragique ignoré
Cette tragédie rappelle un précédent glaçant : en août 2016 à Rouen, quatorze personnes avaient péri dans l’incendie du bar Cuba Libre, provoqué par des feux d’artifice utilisés en intérieur. Trois ans plus tard, les gérants avaient été condamnés à des peines de prison ferme.
Pour Johnny Autin, dont la fille de vingt ans avait trouvé la mort à Rouen, le drame de Crans Montana démontre que les leçons n’ont pas été tirées. Il appelle désormais à des sanctions plus sévères et à un renforcement drastique des contrôles de sécurité.
Une émotion particulière dans la communauté juive
Parmi les victimes figurent également deux jeunes filles de confession juives, Alicia et Diana Gunst, âgées de 15 et 14 ans, ainsi que Charlotte Niddam ressortissante Israélienne , 15 ans, présentes pour célébrer le passage à la nouvelle année. Leur disparition a profondément bouleversé leurs familles et suscité une vive émotion au sein de la communauté juive, en Suisse comme à l’étranger.
Une tragédie aux questions lourdes
Au-delà de l’émotion, cette catastrophe relance un débat majeur sur la prévention des risques dans les lieux festifs, en particulier lors de périodes de forte affluence. Elle pose également la question du profil et des antécédents des exploitants d’établissements recevant du public, dans un contexte où la recherche du spectaculaire peut, en quelques secondes, se transformer en tragédie irréversible.
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