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Edito de Alain SAYADA  » L’ABSI, plus que jamais au côté des Hayalim »

 

Comme tous les ans, l’ABSI-Keren Or (Association pour le bien-être du soldat israélien) organisait, la semaine

dernière, son gala annuel au profit des Hayalim de Tsahal. Gil Taïeb, infatigable président de l’association, a

réuni plus de 500 invités, bénévoles et donateurs, mobilisés, lors de cette soirée, pour soutenir les soldats

israéliens, et leur procurer tout ce qui peut améliorer leur sort. Cette année, le gala avait une résonnance

particulière avec l’actualité, puisqu’il avait, comme fil conducteur, une mention particulière pour les Hayalim

Bodedim, ces « soldats seuls », parmi lesquels beaucoup de jeunes Français ayant décidé de faire don de

quelques années de leur insouciante jeunesse pour défendre Israël en intégrant les rangs de Tsahal. Souvent, ils

laissent biens et familles en France, acceptant avec beaucoup de courage leurs lots de difficultés : solitude,

manque d’aisance financière, isolement social…

En Israël, comme en France, les associations, au premier rang desquels l’ABSI, sont extrêmement mobilisées

pour que ces jeunes puissent trouver soutien, amitié et chaleur d’un foyer, lorsqu’ils doivent, par exemple,

célébrer une fête juive alors que leur famille se trouve à des milliers de kilomètres. A l’approche de Pessah, il est

inévitable de penser à eux. Comme il est inévitable de penser au jeune soldat d’origine niçoise qui, il y a

quelques semaines, a abattu un terroriste à terre, pensant que l’homme allait actionner une ceinture d’explosifs.

Agé de 18 ans, ce jeune homme n’est pas un tueur. C’est un gamin à peine sorti de l’adolescence qui a dû en

quelques minutes, prendre une décision engageant la vie de centaines de gens présents sur les lieux. Une

décision lourde de conséquences pour lui…

Comme lui, ils sont plusieurs centaines à quitter la France pour aller servir dans les rangs de Tsahal et c’est à eux

que le Gala annuel de l’ABSI voulait rendre hommage. Ils ont donc été invités, avec leurs familles à y participer

et l’émotion de ces jeunes mis à l’honneur et pouvant, le temps d’une soirée, retrouver leurs familles était

intense. Mais celui qui a profondément enthousiasmé et ému l’assistance était un invité prestigieux que l’on

imagine à contre-emploi dans cet exercice : Bernard-Henry Lévy. Et pourtant…

C’était un jour de juin 1967. Il faisait beau et chaud sous le soleil israélien, mais les heures étaient sombres :

Menacé par l’envie de l’effacer de la carte de l’Egyptien Nasser, l’Etat d’Israël lance une vaste opération contre

trois pays désireux d’en découdre : L’Egypte alliée à la Jordanie et à la Syrie. BHL a 18 ans à l’époque. Comme

beaucoup de jeunes Français, il a été séduit par l’aventure sioniste, par l’espoir qu’elle représente pour le peuple

juif. Il se précipite alors à l’ambassade d’Israël, pour s’engager. La guerre fut tellement courte, qu’il n’eut pas le

temps de rejoindre les rangs de Tsahal. Mais il partit quand même et fit, de son propre aveu, l’un des plus beaux

séjours en Israël qu’il lui eut été donné de faire… Comme Serge Gainsbourg, comme Johnny Hallyday même, à

l’époque, en France on aimait et soutenait Israël, on voulait défendre le droit de ce petit pays à exister, à assurer

sa sécurité et sa pérennité. Israël, c’était un peu, dans l’esprit romantique qui caractérise si bien la Nation

française, le petit village gaulois qui résiste à l’envahisseur romain…

Mais pour Bernard-Henri Lévy, c’est devenu une cause : que l’on aime ou pas le personnage, ses postures, ses

écrits, force est de constater que son engagement à défendre Israël n’a jamais faibli. Partout, sur le terrain, sur les

plateaux de télé ou de radios, dans la presse ou les livres qu’il écrit, devant l’ONU même face à un parterre de

chefs d’Etats très hostiles à l’Etat hébreu, il ne renie pas son engagement et défend le droit d’Israël à exister,

qualifiant toujours Tsahal d’armée la plus éthique au monde. Enthousiaste, sincère, BHL a parlé devant une

assistance médusée pendant plus de 30 minutes. Ovationné, il a eu droit à un tonnerre d’applaudissements et a

offert à l’ABSI un grand moment de fierté et de partage, apothéose de ce gala qui marquait aussi les 25 ans de

l’association. Un moment assombri uniquement par une absence : celle de Lucien Kornblum zal, pilier de

l’association depuis de nombreuses années et époux de notre amie Fanny, décédé quelques jours avant la soirée.

Comme le dit Gil Taïeb dans l’interview qu’il nous accorde dans ce numéro, le lien des juifs de France avec

Israël est viscéral, plus fort encore peut-être aujourd’hui qu’il y a 25 ans, compte tenu de l’importante présence

des jeunes juifs français dans le pays. Et plus que jamais, l’ABSI est au côté de l’Etat d’Israël et de ces soldats

qui le défendent, jour et nuit, au péril de leurs jeunes vies…

Am Israël Haï

Alain Sayada
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