Succès diplomatique pour Israël: abstention de l’Inde au Conseil des Droits de l’Homme

La décision de l’Inde de s’abstenir lors du vote vendredi au Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu sur la guerre de Gaza durant l’été 2014 est un succès sans précédent pour la diplomatie israélienne, indiquent les responsables du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

Cette initiative illustre un changement radical dans la position de New Delhi. C’est la première fois depuis des décennies que l’Inde s’abstient lors d’un vote anti-israélien au sein des organisations internationales. L’Inde a en effet été un acteur déterminant du bloc des pays non-alignés qui votait de manière systématique avec les Palestiniens contre Israël dans tous les forums internationaux.

Alors, que s’est-il passé cette fois-ci, se demande Itamar Eichner du site Ynet. La réponse est simple, dit-il. Narendra Modi, le Premier ministre indien depuis avril 2014, oeuvre en faveur d’un rapprochement avec Israël.

Selon des responsables israéliens, « le changement dans la perception de l’Inde, qui s’est exprimé au cours du vote au Conseil des Droits de l’Homme, illustre le rapprochement entre les dirigeants politiques ainsi que de profonds changements par rapport à la lutte contre le terrorisme et au positionnement de l’Inde dont le pouvoir d’influence est au zénith ».

Les instructions données par Modi pour l’abstention de l’Inde au Conseil des Droits de l’Homme ont été précédées par une conversation téléphonique entre le Premier ministre indien et son homologue israélien, Benyamin Netanyahou. 41 pays ont voté contre Israël et ont adopté le rapport à charge de la commission d’enquête. Parmi ces pays, des amis d’Israël, comme l’Allemagne, la Grande- Bretagne, la France, les Pays-Bas, la Corée du Sud et le Japon.

L’opposition parlementaire en Inde s’est empressée de dénoncer le changement de position du gouvernement. K.C. Tyagi, le chef du parti de centre-gauche, a condamné la décision, affirmant qu’elle pourrait nuire aux relations de l’Inde avec les pays arabes. « Le Premier ministre Modi va se rendre en visite en Israël et il ne veut pas froisser le Premier ministre israélien. C’est la première fois que l’Inde soutient Israël depuis 60 ans et c’est à cause de cela que les relations avec les pays arabes pourraient être affectées. Je dénonce avec fermeté cette initiative », a déclaré Tyagi.

Les autorités indiennes elles-mêmes ont été saisies par les réactions enchantées d’Israël et par les critiques de l’opposition et se sont empressées de remettre les choses à leur juste proportion. Le ministère indien des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel il précise qu’il n’y a aucun changement dans la position traditionnelle de l’Inde qui soutient la cause palestinienne.

Le Bureau du Premier ministre Modi a indiqué que la raison de l’abstention de l’Inde est justifiée par l’opposition de Delhi à la Cour pénale internationale de La Haye (CPI) qui est mentionnée dans le rapport et dont l’Inde n’est pas membre. Le rapport appelle en effet les parties à collaborer avec la CPI sur les éventuels « crimes de guerre » qui auraient été commis.

Mais il est indéniable, poursuit Ynet, qu’on ne peut que constater l’émergence d’une « lune de miel » entre Delhi et Jérusalem

Le Premier ministre indien doit en effet se rendre en Israël d’ici la fin de l’année ou le début 2016 pour une visite qualifiée d’historique. Il s’agira de la première visite d’un Premier ministre indien en Israël depuis l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays en 1992.

Le ministre israélien de la Défense Moshe (Boguy) Ya’alon s’est rendu en Inde en février dernier, une première également.

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