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Jugement mercredi pour le « pionnier » de l’escroquerie au « faux président »

Présenté comme le pionnier de l’arnaque au « faux
président », Gilbert Chikli, poursuivi pour des escroqueries « hors normes » au
préjudice de 33 banques et entreprises, attend mercredi le jugement du
tribunal correctionnel de Paris.
Le 1er avril, le parquet a requis 10 ans d’emprisonnement contre « le
cerveau, le commanditaire de cette affaire ». La représentante du ministère
public a également requis un mandat d’arrêt international contre Gilbert
Chikli. Cet homme de 49 ans est en fuite, réfugié en Israël depuis 2009, après
sa mise en examen en France et quelques mois de détention provisoire.
Doté d’un grand sens de la persuasion, il contactait de grosses entreprises
en se faisant passer pour le président de la société puis, dans un second
temps, pour un agent des services secrets. Il arrivait ainsi à se faire
remettre d’importants virements ou espèces de responsables d’agence ou de
comptables en invoquant notamment la lutte contre le blanchiment ou le
terrorisme.
Selon la magistrate du parquet, 33 banques ou sociétés et 52 employés de
ces entreprises en ont été victimes en 2005 et 2006. La plupart des employés
piégés ont été licenciés.
Au total, 7,9 millions d’euros ont été détournés, 52,6 millions qui avaient
fait l’objet d’un virement ont été récupérés in extremis et 20 millions
sollicités n’ont pas été transmis après une ultime vérification des
entreprises ciblées.
Parmi les parties civiles au procès figurent la Banque postale, le Crédit
lyonnais, HSBC, Dassault systèmes, la société Accenture chargée de la gestion
de la trésorerie du groupe Thomson, Alstom, les Pages Jaunes ou encore les
Galeries Lafayette.
La procureure a expliqué que Gilbert Chikli était le pionnier de ce type
d’escroquerie qui a proliféré à partir de 2010 et est devenu aujourd’hui « un
véritable fléau qui porte atteinte au système économique français ». Selon une
estimation récente, 710 escroqueries pour un préjudice total de 365 millions
d’euros ont été recensées auxquelles s’ajoutent 985 tentatives portant sur 700
millions qui ont été déjouées à temps.
A l’audience, 14 complices présumés de Chikli ont été jugés. Trois pour
avoir profité financièrement du système, quatre pour blanchiment, quatre
autres pour avoir participé à la collecte des fonds et trois autres comme
coauteurs de l’escroquerie.
La procureure a demandé trois relaxes et requis des peines allant de six
mois avec sursis à cinq ans ferme et 100.000 euros d’amende pour les deux
principaux complices présumés de Chikli, David Attiach, présent à l’audience,
et Israël Eligoola, qui vit en Israël.
pr-spe/pau/djb

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