Gad Elmaleh, la France et le malaise des ambiguïtés
Les propos attribués à Gad Elmaleh, selon lesquels il pourrait quitter la France en 2027 en cas de victoire du Rassemblement national — mais pas en cas de victoire de La France insoumise — ne sont pas anodins. Ils révèlent une relation troublée avec la France, et surtout une hiérarchie idéologique qui interroge.
Qu’un artiste exprime des préférences politiques est légitime. Mais laisser entendre que certaines options constitueraient une menace existentielle, quand d’autres — pourtant marquées par des ambiguïtés répétées face à l’islamisme politique — ne le seraient pas, pose problème. Le malaise s’aggrave lorsque ces propos semblent convoquer, même implicitement, l’identité juive comme variable d’ajustement.
Une confusion dangereuse entre identité et posture politique
Ce qui heurte, ce n’est pas l’opinion, c’est la confusion entretenue. En filigrane, l’idée que ses origines de Juif marocain pourraient être mises de côté, voire instrumentalisées, au gré des circonstances. Cette posture contribue à exposer la communauté juive, en laissant croire qu’elle serait homogène politiquement ou qu’elle cautionnerait ces déclarations.
Il faut être clair : Gad Elmaleh ne représente pas les Juifs de France. Ni leur diversité, ni leurs combats, ni leur attachement à la République.
Le silence depuis le 7 octobre
Depuis le pogrom du 7 octobre 2023 en Israël et la flambée des actes antisémites en France, certains artistes ont pris leurs responsabilités. Arthur, Patrick Bruel, Élie Semoun, mais aussi des journalistes et des responsables religieux — y compris chrétiens — ont choisi de se lever contre le terrorisme islamiste, contre les terroristes du Hamas et contre ceux qui l’excusent.
Gad Elmaleh, lui, est resté silencieux.
Pas de prise de parole forte. Pas de déplacement. Pas de solidarité visible.
Ce silence est d’autant plus troublant que La France insoumise n’a jamais reconnu le Hamas comme organisation terroriste, tout en multipliant les ambiguïtés. jusqu’à nommer ce groupe de résistant contre l’entité sioniste, Faire comme si ce point n’existait pas, c’est accepter une cécité morale.
Ingratitude et déresponsabilisation
La France est le pays qui a offert à Gad Elmaleh la reconnaissance, la liberté , le succès et la nationalité française. Annoncer aujourd’hui qu’on pourrait la quitter comme on claque une porte, tout en distribuant des leçons politiques, relève d’une ingratitude assumée.
S’il souhaite partir, qu’il parte. Mais qu’il le fasse en son nom, sans chercher à entraîner une communauté qui ne lui a rien demandé et dont il n’est pas le porte-voix.
Une mise au point nécessaire
Les déclarations de Gad Elmaleh n’engagent que lui.
Elles n’engagent ni les Juifs de France, ni leur pluralité politique, ni leur combat contre l’antisémitisme et l’islamisme radical.
La communauté juive n’a pas vocation à servir de caution morale, de paravent idéologique ou de munition politique.
Sur ce point, les choses doivent être dites clairement.
Alain SAYADA
Israël Actualités

