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Edito de Alain SAYADA « Israël : la guerre médiatique est déclarée »

 

Alain Sayada
Alain Sayada

Cette semaine, notre communauté n’a connu que l’émoi. En cause, un reportage de France 2, diffusé en troisième partie de soirée, sur « La jeunesse estropiée de
Gaza ». Et ses conséquences surtout, car ce sont elles qui m’intéressent aujourd’hui.
Je ne reviendrai pas sur toute l’affaire, sur ce reportage odieux et partisan, sur les courageuses tentatives d’alerter les médias sur le danger qu’il représentait pour la communauté juive.
En France, au cours des années 2000, 13 personnes ont perdu la vie parce qu’elles étaient juives et uniquement parce qu’elles étaient juives. Bébés, enfants, vieilles dames, rien n’a suscité la pitié chez leurs assassins. Rien. Attiser la haine en montrant des enfants estropiés par l’armée israélienne, c’est attiser le feu et propager le danger, c’est populariser l’idée que la communauté juive doit être tenue comptable de ce qu’il se passe au Proche-Orient. C’est surtout donner une vision laide, sale et univoque d’un conflit complexe où une armée se bat pour protéger sa population et ses frontières contre un mouvement terroriste qui utilise des enfants et des adolescents comme chair à canon. L’Ambassadrice d’Israël, l’UPJF, le BNVCA, le consistoire, le Crif, nombreux sont ceux qui tentèrent d’alerter sur le trouble à
l’ordre public et le danger potentiel que ce reportage faisait peser sur notre
communauté.
Plus que la fausse indignation des journalistes de France 2, c’est l’emballement des médias perroquets qui, de gauche comme de droite, ont crié au scandale, hurlant
dans leurs titrailles qu’Israël avait tenté de faire « interdire le reportage ». Interdire ?
Empêcher ? Son Excellence l’ambassadrice d’Israël en France, Aliza Bin Noun a
poliment alerté sur le manque d’objectivité du reportage, sur les silences qu’il
observait notamment sur les exactions du Hamas, sur les souffrances qu’endure la
population civile israélienne de l’autre côté de la frontière. Sur les risques qu’il faisait
courir aux juifs de France, risques que l’on ne peut ignorer après 13 morts mais aussi
après le déchaînement de violences qu’a connu notre communauté lors de l’affaire Al
Dura au début des années 2000. Israël, par la voix de son ambassadrice, a demandé
que l’objectivité journalistique soit rétablie, par le biais d’un droit de réponse. Fin de
non-recevoir.
Ce week-end, quatre jeunes juifs en France se sont fait agresser à Nice. Le maire
dénonce et témoigne de son soutien. Le préfet nie le caractère antisémite de
l’agression. Voilà, on en est là…
Les journalistes œuvrant au Proche-Orient, Charles Enderlin lui-même, savent à quel
point la population palestinienne sait manipuler les caméras et choisir les images qui
seront montrées. Les blessés portés par plusieurs hommes, enfournés dans une
ambulance, toutes sirènes hurlantes, qui miraculeusement se rétablissent et
descendent du véhicule quelques centaines de mètres plus loin, les scènes que l’on
répète, attendant que la caméra filme. Quant aux estropiés de Gaza, le journaliste
s’est-il demandé pourquoi des gosses venaient, couteau et objets incendiaires en
main, tenter de percer une frontière ? Quel parent censé les laisserait, ici en France,
s’approcher d’une frontière militarisée ? Qui les envoie se faire tirer dessus ? Que
feraient-ils, si les soldats ne tiraient pas ? Que ferions-nous si des hordes de gens
hurlant et menaçant, armés, même d’objets hétéroclites, tentaient de pénétrer en
France via l’Italie, l’Allemagne ou l’Espagne ? Resterions-nous passifs, à les

regarder faire ? Les Etats européens préfèrent laisser des centaines de migrants,
adultes ou enfants, âgés ou bébés, servir de dîner aux poissons dans la
Méditerranée, plutôt que de les accueillir, mais Israël devrait laisser des jeunes
agressifs et violents, hurlant leur haine, briser ses frontières sans broncher ? Drôle
de logique en vérité…
Plus que les politiques, plus que les associations et les auteurs de boycott, c’est
aujourd’hui à ceux qui diffusent la haine qu’il faut demander des comptes. C’est
envers eux que nous devons concentrer nos efforts. Informer, c’est être responsable.
Lorsque l’information incite à la violence, à la haine et à l’agression, alors ceux qui
l’ont diffusée doivent assumer leur subjectivité.
J’ajouterai que ceux qui confisent dans leur satisfaction parce que le reportage a été
diffusé ont, par leur suffisance, causé bien plus de torts qu’ils ne l’imaginent. Aux
juifs qui immanquablement, payent toujours la note, en France, de la haine
antisioniste, à la liberté d’expression, parce que le sensationnalisme cause la mort
des médias traditionnels, à la société française parce qu’attiser la haine en orientant
l’information sonne le glas de la paix civile, aux palestiniens enfin, surtout les jeunes,
car s’apitoyer sur ceux qui sont tristement estropiés sans comprendre la politique
destructrice que génèrent les terroristes à l’œuvre derrière ces gosses, c’est
condamner toute cette jeunesse à ne jamais connaître la paix. Accuser Israël d’être
le grand méchant sioniste auteur de crimes envers la jeunesse palestinienne, c’est
se rendre complice des terroristes.
Puisse Hachem nous protéger. Puissent les complices de la haine payer le prix de
leur irresponsabilité.
Am Israël Haï

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